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Mardi 16 octobre 2018
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Il y a peu de temps, j’échangeais avec Monseigneur Moutel de l’actualité de l’Hospitalité, des questions qui se présentaient alors, puis de la fin de mandat de Pierrette Rolland en tant que Présidente, lorsque sur ce sujet, me prenant à part il me dit : »J’ai pensé à vous…… Réfléchissez. » Ce fut pour moi une grande joie que cette éventualité, du vrai bonheur sans aucune fierté, tout en mesurant au même instant l’importance de la charge et les difficultés qui y sont liées. En serai-je capable ? Ai-je les compétences nécessaires ? Je ne dirais jamais assez le doute qui s’est emparé de moi à cette période. Devais-je renoncer devant tant d’incertitudes ? La raison semblait m’y inciter. C’est alors que j’ai reçu un premier encouragement, puis un second, puis de très nombreux appuis de membres du CA, de l’extérieur aussi, nombreux au point d’en être troublé. « nous sommes derrière toi, nous serons avec toi « . Dans ces paroles, ces mots, ces attitudes empreintes de tant de générosité, de bonté et d’entraide, m’était rappelée avec force une caractéristique fondamentale de la relation entre hospitaliers et hospitalières : La fraternité, vécue dans un esprit d’entraide spontanée, de bienveillance, d’assistance constructive pour avancer ensemble. C’est cette fraternité affirmée qui m’a permis de répondre OUI à mon Evêque. Prenant un peu de recul, j’ai naturellement pensé à notre mission d’hospitaliers. L’article 2 de nos statuts nous la rappelle « cette association a pour objet de créer une communauté spirituelle entre les membres de l’hospitalité , inspirée de générosité et de fraternité entre eux et envers les personnes malades et handicapées, dans un esprit de dévotion à Notre Dame ». Se mettre au service de personnes malades : est-il plus belle ou plus noble mission, et comment ne pas penser ici « au lavement des pieds » ? A Lourdes nous adoptons tous cette attitude, à la suite du Christ serviteur. Alors sachons mesurer la chance qui nous est donnée de pouvoir servir de la sorte en nous mettant dans ses pas. Fraternité, service des malades, « dans un esprit de dévotion à Notre Dame ».Au pied de la grotte c’est Marie qui nous accueille et qui nous place sous sa protection. On ne se retrouve pas devant la grotte de Massabielle par hasard . C’est toujours une réponse à un appel, une force intérieure qui nous pousse à servir. Chaque hospitalier a répondu « me voici ». Nous conduisons, soignons et accompagnons nos frères malades pour une rencontre, comme Bernadette il y a 160 ans, une rencontre deux fois, d’espérance où nous ,demandons à la Vierge Marie de guider nos pas vers la lumière de Jésus, le Christ Sauveur. Ce triptyque cernerait-il toute l’entité de notre hospitalité ? J’oserai d’y adjoindre un quatrième pied, permettant d’en améliorer l’assise : j’y ajoute la JOIE. Le Père JEGONDAY nous le rappelait récemment en paroisse « nous sommes en église pour être heureux ensemble et grandir ensemble : dire la joie de l’Evangile ». Nous sommes tous différents , mais chacun de nous a une place au sein de l’hospitalité, sa place. Ne cherchons pas à changer l’autre, mais respectons son identité en préférant voir en lui ses talents. Toute communauté humaine connait des moments de fragilité dans les relations entre ses membres,Monseigneur Moutel fait état de ce risque dans le texte « l’Hospitalité, un chemin de Sainteté « . Acceptons de faire une richesse de nos différences et affichons un respect mutuel. Notre évêque nous donne ici les pistes à respecter pour une plus grande fraternité, nous suivrons ses suggestions et ses préceptes. La joie, une vraie joie : tout hospitalier ou malade ayant participé à un pèlerinage de l’hospitalité à Lourdes peut dire l’évidence de cette joie qui côtoie pourtant la maladie, le handicap et la souffrance. Cette joie qui nous anime tous, qui embellit les échanges , les relations. Chacun peut dire les sourires, la prévenance, le souci de l’autre, et aussi les rires, les remerciements et l’émotion d’une joie, parfois partagée jusqu’aux larmes. N’ayons pas peur de montrer à tous que nous sommes des « HOSPITALIERS JOYEUX » rendus heureux par le service du frère. En ces jours délicats où nous connaissons une baisse sensible du nombre d’hospitaliers et d’hospitalières , nous devons afficher en interne comme à l’extérieur cette joie profonde et pure qui nous anime. Nous donnerons ainsi à tous l’envie de nous rejoindre pour cheminer ensemble sur cet autre chemin d’espérance. « Chemin de sainteté » : Notre Hospitalité.

Roland Dolou Président de l’Hospitalité Diocésaine