Lundi 5 septembre

Lundi 5 septembre

J’ai l’habitude de me lever tôt. Par la fenêtre de ma chambre, j’entends le Gave descendre de la montagne et les camions-poubelle n’ont pas encore réveillé Lourdes ; je prends le temps d’écrire quelques cartes postales à plusieurs pèlerins qui n’ont pas pu venir cette année, Je les ferai signer à ceux qui les connaissent : je crois à l’union de prières et de pensée.

Les images d’hier me reviennent, saisissantes. Lourdes est un lieu propice aux rencontres et au dialogue, à ma quête de soi, des autres et de Dieu quand on se rend disponible ; la charge journalière est importante, tant physique que psychologique, mais on se reposera au retour, J’aborde le père Laurent et me souviens que Simone, une ancienne pèlerine de l’Accueil m’avait dit combien elle l’appréciait. Nous décidons de l’appeler et lui parlons chacun à notre tour : avant de la quitter, elle me confie : « vous avez illuminé ma journée » !

Il est alors l’heure de la célébration de l’engagement à Ste Bernadette : Mathieu, jeune diacre, Martine, hospitalière de la zone de Lannion et Jean-Luc, mon alter-ego ont pris cette décision personnelle de « s’engager » devant cette assemblée de 800 personnes, de prolonger tout au long de l’année cette écoute, cette disponibilité aux personnes les plus faibles qui nous sont confiées à Lourdes, pour leur rendre visite chez eux ou à l’Ehpad afin qu’elles se sentent moins seules. C’est une grande émotion qui nous prend quand ils unissent leurs voix pour prononcer leur engagement.

L’après-midi, Ste Bernadette nous reçoit à nouveau pour une célébration pénitentielle, suivie d’une procession eucharistique. Laborieusement, la grande chenille, après avancées et reculs, ajustements, s’élance dans un bel ordonnancement, à la suite de Mgr Moutel qui porte le Saint Sacrement jusqu’à la Basilique St Pie X : c’est la symbolique du passage de Jésus au milieu de la foule. Il est suivi du corps médical – où on met à l’honneur médecins, infirmières, aides-soignants, kinés, pharmacienne si importants pour nous tous, des fauteuils et « charrettes bleues », puis des jeunes lycéens et lycéennes, les hospitalières, les hospitaliers et enfin les pèlerins des paroisses. Le sanctuaire est fendu par cette Eglise en marche. Le dais qui reçoit Monseigneur est déjà au calvaire des bretons quand les derniers ne sont pas encore arrivés à la Vierge couronnée.