Dimanche 4 septembre

Dimanche 4 septembre

On est dimanche, mais à Lourdes, c’est tous les jours dimanche. Le programme de ce matin laisse volontairement du temps pour récupérer du voyage et discuter avec les pèlerins qui nous sont confiés ; nous avons fait leur inscription et nous les connaissons donc bien. Gaëtan, enjoué, anime la prière du réveil, En breton, le réveil se dit « dihun » et dans une de nos chambres, avec Maurice, hospitalier de la zone, nous avons en charge Alexandre, résident de « Ker Dihun », maison située près de l’église St Vincent de Paul qui accueille les traumatisés crâniens et Alexandre a été renversé par une voiture, à l’âge de 16 ans ; il en a à présent 46. Il est hémiplégique du côté gauche, Amaury et Jean-François vont nous aider pour les transferts, lui faire sa toilette, Son sourire en dit long sur son plaisir d’être à Lourdes. Il s’excuse pour la peine qu’il nous occasionne ; nous lui répondons que nous avons du bonheur de le voir heureux !

La chambre voisine est occupée par deux frères non-voyants, Christophe et Mickaël ; l’an passé, ils ont fait la demande d’être en tenue d’hospitaliers et se rendre utiles. Ils la portent avec fierté et vont réaliser leur souhait au-delà de leurs espérances. Lors de tous les déplacements, ils vont pousser le fauteuil d’Alexandre : quelle belle parabole ! Du temps de Jésus, les évangélistes auraient titré : « les deux aveugles et le paralytique ». En langage d’aujourd’hui on dirait plutôt :  « les non-voyants et l’hémiplégique », Ils poussent le fauteuil et Alexandre est leurs yeux : deux faiblesses ajoutées deviennent une force souriante, quelle belle leçon… De l’autre côté de la chambre d’Alexandre, se trouve, France, qui vient à Lourdes depuis longtemps. Le handicap de France vient d’une polio contractée à l’enfance, elle est autonome. Je prends cinq minutes pour griffonner quelques notes au 5è étage d’où l’on a une vue magnifique sur le sanctuaire et les montagnes qui entourent Lourdes. Arrivent Océane et Camille, deux lycéennes de X.Grall qui me disent leur plaisir d’être là : leurs études les mèneront au métier d’aide à la personne.

A quinze heures, la cérémonie d’ouverture se déroule à Ste Bernadette : Serge va assurer les homélies durant ce pèlerinage : il commence par un fait, une histoire afin de captiver son auditoire ! Il nous dit que Bernadette a entendu la Dame lui murmurer d’aller « dire aux prêtres » de lui bâtir une chapelle et de venir en procession la prier. Il s’appuie sur St Mathieu « celui qui est le premier deviendra votre serviteur » et Lourdes est le bon endroit pour écouter les humbles.

Un goûter a été dressé devant l’Accueil Notre Dame, près du Gave, sous un soleil radieux ; il attire pèlerins, hospitaliers, jeunes ; c’est amical, chaleureux, Au repas du soir, tout le monde chante en l’honneur de Yolande qui fête son anniversaire. Ghislaine, 98 ans, me confie qu’une vingtaine de résidents de son foyer-logement- qui ont appris qu’elle partait en pélé – lui ont demandé de prier pour eux, de mettre un cierge : elle se sent en mission.